
j'ai des choses à dire et d'autres à cacher.
31mai
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texte fred
23mars
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A la base; un trouble, un choc, un ras le bol ou un ennui.
Puis une poussée de colère, d'incompréhension, une révolte intérieure.
L'élément déclencheur n'apparait jamais. Il n'est jamais clairement énoncé mais il est présent malgré moi.
L'élément déclencheur qui me renvoi a mon passé, comme si la peur de la mort me renvoyé forcément a rejouer mon enfance.
Sortir des objets, des pratiques de l'enfance, pour les revivre, s'imaginer que je gagne sur la mort.
Tourner en rond.
Répéter inlassablement son enfance, ou plutôt les souvenirs qu'on en a.
Le rejet de grandir, ou pas tellement, c'est plus une angoisse de grandir, fuir les vraies questions; où je vais, qu'est ce qu'il y a demain ?
Ne pas se projeter, retourner au point de départ croyant que cela va m'aider.
Nourrir mon imaginaire actuelle, avec celui de mon enfance.
Essayer de le retrouver, s'en souvenir.
En avoir peur aussi.
Je trace mon angoisse, mon ennui et des faux souvenirs.
Par le dessin, dans la répétition d'un motif, ou d'une façon de faire; le même geste jusqu'à mon épuisement morale.
Je trace le temps.
Se donner des challenges, en faire toujours plus, souffrir sur papier, se libérer d'une pensée intensive.
S'occuper entièrement l'esprit par ce que produisent les mains, concentration extrême, vision qui se déforme, épuisement physique. Tracer du matin au soir, le temps qui passe, qui est trop long, qui est trop dur a supporter.
Tête à tête avec mon angoisse, je dois gagner, lutte contre l'esprit, combat intérieur, recommencer encore encore encore, et puis se lasser, aller mieux, nouvelles pensées, quelque chose de nouveau arrive et met fin quelque temps a l'angoisse.
ARBRES
Un élément déclencheur, ma mère est malade.
Je suis en vacances dans les Landes, la maison familiale, je ne sais pas quoi faire, j'attends un déclic.
Il y a aussi ma sœur avec son copain et mes trois nièces, ma petite sœur, mon frère et sa copine.
Je passe les pire vacances de ma vie.
Je range ma chambre.
Je retrouve ce poème de l'acacia.
Je rentres a Biarritz, je pleures.
Ma mère est hospitalisée brutalement juste après ces vacances.
Moi j'en ai par dessus la tête, le frac, le voyage en Suisse et l'argent des bourses qui n'arrive toujours pas.
J'angoisse, chaque jour est trop long et chaque demain me dépasse.
Je range mon appartement.
Je retrouve le poème de l'acacia.
Je trace le premier arbre.
Dans mon carnet.
Puis cours de dessin un matin. Je décide de retracer un arbre sur un format plus grand, au début il s'agit presque de faire semblant que je m'occupe.
Je trace six ou neuf arbres au total sur la même feuille. Couleur ; vert rouge et bleu
Je trace leur contour, voulant perdre un peu plus de temps.
On dit perdre du temps mais moi j'ai plutôt le sentiment que je gagne sur le temps, je défies ma journée, c'est une période ou j'ai envie que tout passe plus vite, d'avoir une bonne nouvelle qui va tout débloquer.
Je ne perds pas mon temps je le dessine, je le rends présent alors qu'il est mort, il est vide, il ne se passe rien.
Je trace mon angoisse a la recherche de sa fin.
Répétant un motif mais ne voulant pas me lasser trop vite, je m'instaure des nouvelles règles de construction.
Nouvelles règles qui demandent une concentration extrême, ne pas pouvoir lever la tête sans perdre l'embranchement, ne pas se tromper de couleurs.
Exigence placé au maximum de la réalisation, ne pas utiliser de règle pour tracer les traits, mais s'imposer de les tracer droit quand même.
Tout est construit dans ma tête avant d'être posé sur le papier, et s'il n'est pas posé il le sera, il ne faut rien d'autre de plus dans mon esprit.
Je me libère en traçant. La concentration retenu pour faire un dessin est tel que je ne peux penser a rien d'autre.
J'échappe à la réalité en me perdant dans les lignes de mes arbres.
Je ne calcule plus le temps. Il se calcule lui dans mon dessin.
Constamment habité par la peur de mourir, constamment dans le retour en arrière pour y échapper.
La répétition c'est d'abord une façon de travailler, appliquer une méthode, on apprend a faire tel ou telle chose et on le ré applique.
C'est un geste enfantin.
C'est copier des lignes pour que ça rentre, c'est se dégouter de quelque chose.
Le rendre banale et inoffensif.
Je répète jusqu'à ne plus bien savoir pourquoi je fais ça, et que je puisse penser que arriver la ça n'a plus d'intérêt de le faire.
La répétition c'est se perdre dans quelque chose dont on ne sait pas quand ça doit finir.
C'est se débarrasser de ses angoisses.
Écrire une phrase la recopier cent fois et vient le moment où on doute des mots, de leur orthographe, de leur sens.
Ma répétition c'est ça, jusqu'où pousser les choses pour qu'elles n'aient plus de sens, regarder son travail et n'être plus capable de dire pourquoi on l'a fait.
Brouiller les pistes.
Se perdre soi-même.
Effectuer une répétition ce n'est pas juste un constat de quelque chose que l'on décuple, c'est une réelle implication, un questionnement, ou un abandon.
Un abandon dans le sens ou l'on répète sans réfléchir un motif, on ne se confronte plus a savoir pourquoi on fait les choses. On les fait.
Je déforme ma vision par la répétition.
rien.
23mars
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